Faire la paix

   Nous sommes sans cesse tiraillés par tout un tas de contradictions et de non sens. Que ce soit dans notre quotidien, parce que l’on doit accomplir certaines choses, ou dans les péripéties de la vie, car on rencontres des dilemmes de choix ou d’opinion. Qui n’a pas déjà été entre deux eaux  pendant un débat ? qui n’a pas déjà fait quelques chose à contre cœur, pour suivre le mouvement, ou plaire à quelqu’un ? C’est encore plus vrai dans notre société où les codes établis sont en grande mouvance actuellement. Et nous mettons à mal régulièrement nos convictions, nos valeurs, et parfois même notre personnalité. C’est le bazar, et il y a de quoi se perdre dans l’immensité des possibilités.

Faire la paix, surtout avec nos désaccords. Faire la paix avec nous même, et faire la paix avec ce monde, que l’on ne reconnait pas toujours au plus juste de ce qu’il est.  Car l’une des choses les plus importante et des plus en péril aujourd’hui, est de garder la tête sur les épaules, de savoir qui l’on veut être, et qu’elle est notre place dans le voyage qu’est la vie.

Mais alors qu’elle est cette formule magique pour arriver à pardonner, retrouver du sens, et se retrouver ? 

 

Comme un poison pour l’âme

   L’incompréhension, le désaccord, et l’incapacité à faire un choix amènent à la colère. Ce sont toutes ces sensations éparpillées dans d’infimes parties de notre vie, qui créent un nœud. Cela peut être aussi anodin que de se sentir obliger de faire un sourire alors que clairement, pour nous, à cet instant T, ce n’est pas le moment. Nos « obligations » en société, ou même familiales et amicales, engendrent parfois des désaccords avec ce que l’on est profondément. On se sent alors tirailler entre l’envie, le besoin, le devoir, de faire plaisir, de correspondre à une attente et celui ou celle d’incarner notre véritable identité. Pour rentrer dans une case, faire « comme il faut », ou pour « avoir la paix », nous nous contraignons à prendre un chemin différents de celui de notre âme. Ce nœud, aussi dérangeant qu’il puisse être, nous fait nous sentir exclu ou diffèrent.

   Notre besoin d’appartenir est fort, mais n’oublions pas de nous appartenir avant tout. Nous avons une capacité de jugement, et nous connaissons la valeur du bien et du mal. Inculquée dès l’enfance, elle peut cependant varier d’un individu à l’autre, en fonction de son vécu, et de ses propres attentes de la vie. C’est d’ailleurs souvent pour ca que les décisions sont difficiles à prendre, ou que l’on se contraint à quelque chose. Si l’on prend on compte tous les aspects d’un dilemme, ou d’un désaccord, on constate que ce qui nous ronge le plus est en fait notre incapacité à faire un choix ou notre manque d’honnêteté. Notre jugement porte alors sur nous même, et comme un poison il nous fait du tord.

 

L’introspection pour trouver l’équilibre

   Il est alors nécessaire de chercher à comprendre nos valeurs, nos limites,  de relativiser et faire le tri. Quand trop d’éléments viennent faire blocages dans notre façon d’appréhender la vie, c’est le moment de mettre pose et de projeter un regard objectif sur nous même et notre contexte de vie. Se poser les bonnes questions : Est ce utile de lutter contre ca? qu’est ce que ca va apporter ? quelle énergie je vais y laisser et pour quel résultat ? Tous les combats ne sont pas  impérieux. 

Cette introspection de la situation et de nous même nous permet de mieux nous connaitre. Il s’agit donc de trouver l’équilibre entre ce qui va dans notre sens et ce qui pourrait nous déranger. De choisir nos combats mais en toute état de cause.

En outre, cela intervient plusieurs fois dans notre vie, en fonction des cycles et des phases que nous expérimentons. Un changement de statut, de travail, de lieu, ou tout bouleversement qui demande une évolution ou une réadaptation. Sur le plan personnel ou plus largement sur ce qui influe dans notre contexte de vie.

   Bien sur, être en désaccord est normal, et indispensable . On ne peut pas tous aller  dans le même sens pour tout et tout le temps. C’est une affaire de projection. en effet, nous

nous appuyons automatiquement sur ce que nous avons vécu dans le passé, pour juger ce qui se passe dans le présent. Et nous projetons nos peur de l’avenir sur ce qui nous arrive ou nous est arrivé. Comme nous jaugeons les autres en fonction de ceux que nous connaissons déjà. Notre psychique construit des repaires, des piliers sur lesquels on base toutes nos certitudes et nos principes.

Mais si l’on cassait ces repaires et ces piliers, pour tendre vers un regard plus objectif et tourné vers un état d’esprit plus neutre ?

 

Faire la paix

   L’indulgence est le maitre mot qui doit ressortir de ce travail. Faire la paix demande du courage, de la patience, et surtout de la volonté. Personne ne peut dire « je te pardonne » ou se pardonner à soi même sans être dans une entière sincérité. On ne peut tromper l’âme, ni celle des autres. L’enjeu est louable, car c’est en se laissant l’opportunité de se pardonner nos défauts, nos erreurs et nos désaccords, que l’on sera à même de voir le monde avec plus d’objectivité, et d’y incarner notre véritable  place. La perfection n’existe pas, nos actes et nos paroles parfois outre-passées sont Humains, et nous avons le droit de ressentir des choses à l’encontre de la bienséance. Si le jugement nous quitte, faire la paix devient alors une évidence.

C’est un chemin parmi d’autres, que j’emprunterais volontiers, même pour quelques temps. Le jugement est nécessaire, mais choisissons sur quoi nous l’abattons, et choisissons surtout de ne pas l’abattre sur n’importe qui et n’importe comment.

Faire tomber les armes. N’être seulement que soi. Revenir au centre, et profiter du monde avec un autre regard.

 

 

 

 

 

 

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