Ecouter

    L’été se poursuit, et une certaine lenteur se fait présente dans l’air. Aout, le temps de ralentir, le temps du repos. Ecouter, contempler, comme une virgule dans l’année. En dehors de toutes les conjonctures sociétales, de la météo, ou encore de notre période de vacance, Aout est un mois de transition. A cheval entre un début d’année voulu active, progressiste, bouillonnante, et la préparation d’une fin d’année où organisation, bilans, et adaptations vont se mêler.

Alors pour faire tampon, le mois d’Aout est un excellant moment pour faire une pose, mentale tout du moins, et écouter ce qui nous entoure. Ecouter nos ressentiments, nos humeurs et nos émotions. Ecouter aussi les silences, qui peuvent en agacer certains, et en relaxer d’autres. Ce calme, ce blanc, voulu ou non, est signe qu’il est temps pour notre esprit et notre corps de se recentrer.

Le temps s’allonge

   Au bord de l’eau, dans le mouvement des nuages, ou des volées d’oiseaux. Le temps s’étire et laisse de la place au rien. C’est le moment de contempler, lever la tète, écouter les silences. Cette recherche de tranquillité est nécessaire et pour beaucoup, attendue. Là où la lumière est présente avec insistance, nous sommes appelés à l’action, aux mouvements, aux échanges. Hors, nous avons besoin de ressources pour calmer notre rythme afin de trouver le repos. Porter son attention sur des rythmes différents du notre, aide l’esprit à se centrer et favorise l’inaction. Ne rien faire, c’est faire du rien. Et malgré notre propension à croire que ne rien faire est contre productif, cela permet en réalité d’accomplir bien des choses.

   La vie est constituée de cycles, avec lesquels nous devons continuellement danser. C’est en écoutant ces cycles, que nous prenons réellement soin de nous. Notre cerveau ne serait-il pas sensible aux rythmes et aux cycles de la vie ? il est primitivement programmé pour cela, en dépit des nombreux formatages que le monde moderne lui inflige. Mais en s’attardant sur l’observation des rythmes de la nature, nous pouvons mieux comprendre ce décalage qui existe entre notre mode de vie et celui de la Terre. Alors, écouter devient une méditation et nous permet de soigner les fatigues accumulés, les frustrations, et les stress.

Quand le temps semble s’allonger, écoutons notre ressenti sans le combattre et allongeons nous avec lui.

 

Un repos mérité

   Mais pas toujours accepté. Un repos de l’esprit, penser à autre chose, sortir du quotidien, malgré les obligations, et un repos de l’âme, surtout, qui mérite notre entière attention. Ecouter, tendre l’oreille, sur ce qui se vie en dehors de notre sphère personnel, mais choisir d’écouter ce qui nous fait du bien. Ne pas se laisser bercer par des sonorités malaisantes. C’est aussi ca prendre soin de soi, savoir écouter notre âme, ses besoins, et ses attentes. Il s’agit encore une fois de s’autoriser à, parfois même de « se faire violence » pour sortir de l’engrenage du devoir familial/citoyen/social.

Malheureusement, de nombreuses personnes mettent à mal cet aspect de leur être, consciemment ou non, et luttent à contre courant en s’activant malgré tout. Qui n’a jamais entendu une personne dire au sortir de ses vacances qu’elles n’ont pas été reposantes ?

Plaisir pour les uns, challenge pour d’autres, écouter les silences peut se faire également dans le plus bruyant des lieux. En effet, il en va de chacun de les rechercher pour son plus grand bien. Il ne s’agit pas forcement d’être seul pour écouter, ni d’être inactif. Mais d’être conscient de son besoin de ralentir. Apprécier toutes les opportunités d’écouter son environnement, pour créer ou profiter des moments de silence, des moments de rien.

 

 

Ecouter les silences

   Ecouter avec tous ses sens. Tout est affaire de rythmes. le calme, le vide, peut être anxiogène pour certains. Ecouter les silences est un travail progressif. Et relève du processus analytique. Comme un arrêt sur image, on canalise son attention sur le son ou l’absence de son qui nous entoure. Comme on décortiquerait un rêve, on  s’attarde sur les détails de notre environnement, les subtilités de notre être. Notre respiration, nos perceptions sensorielles, sont là pour guider le processus d’écoute.

Ecouter avec ses oreilles, ses yeux, son nez ou encore ses mains. Car toute image à son odeur, et toute caresse à sa musique. 

   Ecouter les silences c’est également prendre le temps avant d’agir ou de réagir. S’exercer à vivre sur une fréquence en deçà de nos habitudes. En ayant conscience que les silences sont temporaires et bénéfiques, l’écoute se fait avec plus de plaisir, et le vide fait moins peur.

Ecouter est un pont entre soi et le monde. entre notre vibration et celle de la Terre.

  L’enjeu est là : écouter la torpeur de l’été, entendre notre besoin de rien, ouïr et se réjouir des choses que l’on choisi de percevoir.

Alors bel fin d’été !

 

 

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